Vision marché du gaz et de l’électricité – novembre 2022

10 novembre 2022

Après le rallie haussier estival, la forte correction des prix qu’on observe depuis septembre sur le spot s’est poursuivie et s’est propagée aux maturités plus lointaines (en moindre mesure).

  • Cette tendance baissière des prix du gaz est une conséquence de la persistance jusqu’à présent des bons fondamentaux à savoir :
    • Un approvisionnement robuste notamment grâce aux flux de gaz norvégien et aux livraisons de GNL (Gaz Naturel Liquéfié) pour palier la baisse drastique des importations de gaz russe depuis le début de la guerre en Ukraine
    • Une consommation limitée par la destruction de la demande industrielle et domestique en réponse aux prix élevés mais aussi à la campagne de communication sur la nécessité de sobriété énergétique et surtout un début d’hiver anormalement chaud qui a fortement restreint l’usage du chauffage
    • La résultante de cette balance Offre/Demande est le très bon niveau de remplissage des stocks français & européens (grâce aux injections intensives pendant la période estivale des acteurs du marché dont Gaz Européen) qui restent quasiment pleins alors que traditionnellement la phase de soutirage aurait dû commencer
  • Les niveaux de prix long termes restent élevés en raison de primes de risque liées à certaines incertitudes notamment climatiques. En effet, si la météo s’est jusqu’à présent montrée très clémente, les derniers forecasts de températures anticipent un retour vers les normales de saison en novembre voire même en-dessous de celles-ci début décembre.
  • Des impacts pourront également se faire ressentir une fois que les décisions concrètes sur la réorganisation du marché seront mises en place mais pour le moment les discussions et débats sont toujours en cours au sein des instances européennes.

 

  • La tendance des prix de l’électricité a suivi celle des prix du gaz avec des baisses significatives sur toute la courbe.
  • A noter toutefois le spread toujours très important entre le CAL+1 et le CAL+2/CAL+3 en raison d’une prime de risque supplémentaire imputée à l’incertitude sur la disponibilité du parc nucléaire. Bien que celle-ci ait augmenté progressivement ces derniers temps, l’inquiétude des acteurs du marché reste entière et alimentée par certains mauvais signaux telle que la dernière annonce d’EDF qui revoit une fois de plus à la baisse sa cible de production nucléaire (de 280-300 TWh à 275-285).

 

 

 

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